dimanche 6 juillet 2025

Quand l’alcool ne suffit plus

On dit qu’un verre détend
Qu’il aide à oublier. Qu’il fait rire plus fort, danser plus libre, parler plus vite
Alors on le tend À tout le monde À chaque fête 
tiens, bois Détends-toi Sois comme nous
Mais personne ne dit que l’alcool, parfois, ne suffit pas
Qu’il gratte au lieu d’apaiser Qu’il ramène au lieu de faire fuir
Qu’il fait parler des émotions mal rangées, au lieu de les faire taire
On ne dit pas qu’il a ce goût de brûlé, de fer, d’amertume
Mais c’est faux
On ne l’aime pas vraiment
Pas le goût, On aime ce qu’il cache
Le masque, le rôle, le faux bien-être
On aime faire semblant d’aller bien avec un verre à la main
Il est devenu contagieux
Comme un langage qu’on n’ose plus contredire
On le sert comme on évite un silence
On le boit comme on étouffe une gêne
On le glorifie, pour mieux cacher qu’en vrai,
on ne sait plus quoi faire de nous-mêmes sans lui
Mais il y a un moment où
l’alcool ne suffit plus.
Où le verre ne remplit rien
Où le rire reste figé
Où les corps dansent, mais les âmes tombent
Et là, on comprend
Que ce n’est pas lâche de dire non
Que ce n’est pas bizarre de ne pas aimer ça
Que ce n’est pas ringard d’être sobre.
C’est peut-être juste, enfin,
avoir le courage d’être soi sans rien déguiser
Mais il y a un moment où
l’alcool ne suffit plus
Où le verre déborde, sans rien remplir
Où les rires sonnent creux
et les regards cherchent un abri
Il y a ce moment silencieux
où tu comprends que ce n’est pas le verre qui manque
mais la paix Pas l’ivresse mais la tendresse
Pas le bruit
mais quelqu’un qui t’écoute, vraiment
Ne pas aimer l’alcool, c’est oser rester vrai
quand tout le monde se cache
Et peut-être que ça fait mal au début
d’être différent, d’être nu sans filtre
Mais au fond
c’est peut-être ça
la plus belle des ivresses 
être toi, sans rien masquer.

 LUIGIE


RIEN DE TROP

Je ne suis pas trop sensible
L’ignorance et le silence, pour moi, ce ne sont pas des réponses
J’ai besoin de comprendre, de ressentir… le pardon, les excuses  et non l’abandon

Je ne suis pas trop bavarde
Je suis expressive
Je veux que mes paroles et mes blessures puissent parler
Je veux décrire la déception de mes attentes.

Je ne suis pas trop vivante
Je veux juste continuer à sentir l’air, le goût de la vie…
Avec toi, ou sans toi.

Je ne suis pas stupide
Je comprends que tu n’es pas prêt à m’aimer, pas prêt a m'accepter
Pas prêt à recevoir un amour aussi grand, aussi pur.

Je ne suis pas trop rapide
Un regard peut suffire à me faire aimer à la folie
À vouloir passer ma vie à admirer ce qui me fascine en toi…
Même si je dois finir par être déçue.

Je ne suis pas blessante

Mais j’ai des blessures…
Et parfois, elles blessent, sans que je le veuille
Je ne suis rien "de trop"
C’est juste que toi, tu ne veux pas comprendre.

LUIGIE

L'Écho du silence

Le silence résonne, lourd et froid
comme un murmure que l’on n’attendait pas
Il remplit l’espace entre mes mots
et laisse mon cœur seul face à son écho
J’appelle sans retour
je tends la main vers un vide infini
où l’absence répond par un souffle glacé
un souffle qui efface peu à peu mes espoirs
Chaque silence est une blessure
un voile sombre qui recouvre mes nuits
Il pèse sur mes pensées
me serre la gorge sans un cri
Je cherche une voix, un signe
un regard qui voudrait encore me comprendre
mais il n’y a que le silence
cet écho cruel et implacable
Pourtant, au fond de cette solitude
j’apprends à écouter une autre voix
celle de mon propre souffle
fragile, mais fidèle
Le silence ne sera plus mon ennemi
mais un compagnon qui m’enseigne la force
celle d’aimer sans retour
celle de se relever, malgré tout
Car même au cœur du vide
mon âme cherche la lumière
et fait naître, dans l’ombre
un espoir fragile et éternel.


                                 LUIGIE

dimanche 29 juin 2025

LE VIDE

Au fond, je sais que je suis triste, mais je souris encore et encore
La douleur me ronge tellement que je n’arrive pas à crier ni à pleurer
Mais me cacher, c’est mieux… C’est ça, l’existence?
C’est ça, se faire avoir tous les jours
Je pleure de misère, j’implore la souffrance
Peut-être que mon bonheur, c’est ça, en fait
Peut-être que je suis faite pour y assister
Je ne comprends pas pourquoi. Qu’est-ce qui cloche chez moi pour qu’on ne puisse pas m’accepter correctement ?
Est-ce si difficile de plaquer le monde et d’envoyer chier la bande ?
Merde… pourquoi je souris encore ?
J’ai peur de moi. C’est presque un signe de maladie
et non de résistance ou de résilience
Comment pourrais-je te pardonner
si tu me laisses vide à chaque fois ?
Le vide, c’est comme un océan de rien du tout
Tu sais comment je me sens ? Pleine de vide
Comme une tarée
Si je ressens quelque chose, c’est ma maladie
J’ai horreur de la trahison
Je n’ai rien à offrir
rien d’autre que la continuité du néant
Que dire quand l’invisible fuit ?
Que dire, puisqu’il ne se remplit de rien ?
La noirceur, la chaleur, l’écho… ça fait mal
Tout me brise, tout me chasse
Oui, j’ai une vie… et c’est une vie vide...


FREDA

ET SI JE TE CONNAISSAIS PAPA

Peut-être que je comprendrais ce vide-là

Ce trou en moi, ce coin froid

C’est peut-être toi… que je ne vois pas

Je t’imagine parfois, sans visage

Un nom, une voix, un mirage

Ton absence me suit partout où je vais

Comme un souffle que je n’ai jamais trouvé

J’ai grandi sans tes bras pour me protéger

Sans ton regard pour m’encourager

Tu n’étais pas là pour mes premiers pas

Et pourtant, je t’ai cherché à chaque fois

J’aurais aimé t’entendre me dire :

« Je suis fier de toi, ne cesse pas d’y croire. »

Mais à la place, c’est le silence noir

Qui m’apprend à sourire et à souffrir

Peut-être que si je t’avais connu

Je serais différente, un peu moins perdue

Mais je suis là, avec ce manque en héritage

Et ton absence comme seul message

Je ne t’en veux pas, je ne sais même pas…

Si tu m’as voulu, ou si tu regardes de là-bas

Mais sache que même sans toi dans mon histoire

Je porte ton vide, comme une mémoire


FREDA

mercredi 18 juin 2025

Trop de Sens, Trop de Moi

 Tu connais ce que c’est, l’habitude ?
Je confonds toujours ce mot avec habiter.
Les mots commençaient à diminuer. Je les sentais glisser hors de moi, un à un, comme si mon âme vidait son dictionnaire.
Rien n’avait plus de sens.
Pourquoi le monde semble-t-il aussi injuste ?
Et surtout… pourquoi la mort ne meurt-elle pas ?
Vivre, c’est peut-être donner du sens.
Mais moi, j’en avais tellement que je ne savais même plus d’où il venait.
Trop de sens.
Trop de douleurs masquées sous des justifications.
À la fin, ce sens-là ne voulait plus rien dire.
Un jour, dans mon sommeil, ma conscience m’a dit :
« Si tu entends une louve hurler, c’est qu’elle appelle sa meute. »
Mais moi… je criais.
Seule. Encore et encore.
Est-ce que mon cri n’avait plus aucun lien avec une meute ?
Je sais, je ne suis pas une louve.
Mais qui est mon sauveur quand je crie ?
Est-ce que ce cri existe juste pour prouver que j’existe ?
Le silence faisait trop de bruit.
Et la parole… la parole, elle était trop silencieuse.
Alors j’imaginais.
Pour survivre. Pour tenir debout.
 Comme si je devais naître une seconde fois,
Mais en sachant déjà ce que ça fait… de perdre.
On a tous un jour où l’on ne croit plus.
Où notre âme se tait.
Où notre âme… se tue.
Arrête!
Pourquoi ? Quand ? Parce que…
Dans ma tête pleine, dans mon cœur vide
Le monde a tracé son parcours sur mes larmes.
Disons… sur mon teint.
Tellement de morceaux de nous en moi,
Que j’arrive à peine à partager ma douleur.
Pourquoi je parle de douleur ?
Ce n’est pas ta faute.
De toute façon, ça casse ici.
Ce n’est pas de  notre faute..

 

.


                                                                                                      LUIGIE.
 

samedi 7 juin 2025

Quand la politique nourrit la violence : la guerre civile est-elle inévitable ?

Il fut un temps où la politique était l'art de résoudre pacifiquement les conflits. Un espace où les désaccords pouvaient s’exprimer, se confronter, puis aboutir à des compromis. Aujourd’hui, cette vision semble s’éloigner. Partout, la défiance monte, les colères grondent, la parole publique se durcit, et la violence  verbale, institutionnelle, sociale, parfois physique gagne du terrain. À tel point qu’une question aussi extrême que taboue resurgit dans certaines conversations, jusque-là réservée aux dystopies ou aux livres d’histoire : la guerre civile.

Ce n’est pas un mot à utiliser à la légère. Il évoque l’effondrement du lien social, la rupture de la communauté nationale, la disparition des règles du jeu démocratique. Pourtant, il revient. Dans des débats, dans des tribunes, sur les réseaux sociaux. Il ne s’agit pas ici de dire qu’une guerre civile est imminente, ni même probable à court terme. Mais si elle devient pensable, c’est déjà le signe d’un malaise profond.

La violence politique : une spirale alimentée par le pouvoir

La montée actuelle de la violence ne vient pas de nulle part. Elle n’est pas le fruit d’un soudain accès d’irrationalité collective, mais le produit d’un système qui, au fil des années, a organisé sa propre déconnexion. Les politiques publiques, souvent imposées sans concertation ni légitimité populaire forte, sont perçues comme injustes ou indifférentes aux souffrances réelles. Le langage du pouvoir, parfois méprisant ou technocratique, contribue à renforcer le sentiment d’abandon. Et les réponses sécuritaires aux revendications sociales ne font qu’aggraver la fracture.

Manifestations réprimées avec une brutalité excessive, lois liberticides votées à la hâte, mépris affiché pour les syndicats ou les corps intermédiaires, mise en scène d’un pouvoir « vertical » face à des citoyens « irrationnels » ou « extrémistes » : tout cela construit une société du conflit, où les canaux de la parole démocratique sont bouchés. Lorsque les citoyens ont le sentiment qu’ils ne sont plus entendus, que les urnes ne changent rien, que les médias les caricaturent ou les ignorent, alors il ne reste que la rue et parfois, la colère.

Une société sous tension

La polarisation ne touche pas seulement les sphères politiques : elle traverse la société tout entière. Les fractures sont multiples : sociales, économiques, territoriales, générationnelles. Les classes populaires s’éloignent des élites. Les banlieues se sentent oubliées. Le monde rural s’estime méprisé. Les jeunes n’ont plus confiance dans les institutions. Les enseignants, les soignants, les fonctionnaires parlent d’épuisement, de perte de sens. Et pendant ce temps, certains responsables politiques soufflent sur les braises, attisant les divisions plutôt que de chercher des ponts.

Les réseaux sociaux amplifient cette tension. Ils donnent une caisse de résonance aux colères les plus vives, fragmentent l’opinion, isolent les citoyens dans des bulles idéologiques. Ils deviennent parfois des tribunaux, parfois des arènes. La parole s’y radicalise, le débat s’y efface. Dans ce contexte, la haine devient virale, la nuance devient suspecte, et la violence même symbolique se banalise.


Une démocratie en danger silencieux

Le danger n’est pas tant une explosion soudaine, mais une lente érosion. Ce n’est pas le choc, c’est la lassitude. Une démocratie ne meurt pas forcément dans le bruit des fusils : elle peut s’éteindre doucement, dans l’indifférence, lorsque plus personne n’y croit. Lorsque les citoyens cessent de voter, de débattre, de s’engager. Lorsque le pouvoir devient un simple appareil de gestion autoritaire. Lorsque la société se replie sur des communautés hostiles les unes aux autres.

Le risque de guerre civile n’est pas immédiat, mais il est structurel. Il repose sur une accumulation de violences symboliques, de décisions injustes, de paroles blessantes, de silences lourds. Il repose sur l’inaction, sur la répétition des mêmes erreurs, sur le refus d’écouter. Il repose aussi sur la perte d’un imaginaire commun. Car une nation tient, non par la force, mais par un récit partagé. Quand ce récit s’effondre, quand plus rien ne fait lien, c’est la désintégration qui menace.

Quels chemins pour éviter le pire ?

Il existe pourtant une alternative. Elle commence par un sursaut politique. Par la reconnaissance que le pouvoir ne peut se gouverner seul, qu’il doit se ré-ancrer dans le réel, redonner sens à la représentation démocratique. Il faut réhabiliter le débat, même conflictuel, mais respectueux. Revaloriser les corps intermédiaires, les syndicats, les associations. Investir dans l’éducation civique, dans la justice sociale, dans la participation citoyenne.

Cela suppose aussi un changement de ton. La parole publique doit cesser d’humilier, de réduire, de cliver. Elle doit redevenir exemplaire, claire, inclusive. Elle doit s’adresser à tous, et non à une majorité contre des minorités. Elle doit désarmer le langage, pour ne pas armer les esprits.

Enfin, cela suppose une responsabilité collective. Chaque citoyen, chaque journaliste, chaque enseignant, chaque acteur public a un rôle à jouer. La violence ne naît pas seulement des actes, mais des mots, des regards, des silences. Refuser la violence, c’est refuser la déshumanisation de l’autre. C’est choisir la complexité plutôt que le simplisme, la solidarité plutôt que le ressentiment.

Conclusion : une alerte, pas une prédiction

Cet article ne cherche pas à prédire une guerre civile, ni à en faire un fantasme apocalyptique. Il vise à alerter. Une société démocratique peut s’effondrer, non pas parce qu’elle le souhaite, mais parce qu’elle l’a laissé faire. Les signaux faibles sont déjà là. À nous de les prendre au sérieux.

La démocratie est fragile. Elle ne tient que par la volonté collective de la faire vivre. Elle exige du courage, du dialogue, de la mémoire, de la justice. Si la politique continue de nourrir la violence, si le pouvoir continue d’ignorer les appels à la réforme, alors oui, les pires scénarios ne seront plus de la fiction.

Mais nous en sommes encore les maîtres. À condition d’ouvrir les yeux et de choisir le chemin du dialogue, de la justice, et de la paix.

                                                                                                 LUIGIE

L’humain n’est pas loyal

L’humain est-il vraiment loyal ? Comment un être qui traverse une aventure qu’il ignore, qui ne choisit pas ses passions, ses amours, ses d...