lundi 13 octobre 2025

Grandir sans repères : cicatrices invisibles

T’étais là, peut-être.
Mais moi, j’étais invisible.

Grandir sans repères, c’est vivre dans un monde où tout le monde semble savoir où il va, sauf toi. C’est avancer dans la brume, les yeux ouverts, mais sans direction. Il n’y a ni main pour te guider, ni voix pour te rassurer. Seulement le silence, parfois entrecoupé de regards qui ne te voient pas. Ce n’est pas seulement l’absence d’une présence physique  c’est l’absence d’un ancrage, d’un chez soi intérieur.

I. L’absence de repères familiaux : le vide au commencement

La famille, pour beaucoup, c’est la première école du cœur.
Mais quand cette école ferme trop tôt, on apprend seul.
Grandir sans repère familial, c’est chercher sans cesse une figure à admirer, une épaule sur laquelle reposer ses doutes, une voix qui dit : tu peux tomber, je serai là.

Mais quand personne ne t’attend, tu finis par ne plus rien attendre.
Tu développes une indépendance qui ressemble à de la force, mais qui n’est qu’un camouflage de blessures. Tu apprends à ne pas déranger, à tout garder pour toi, à sourire même quand ton monde s’écroule.
Tu deviens ton propre parent, ton propre refuge, ton seul témoin.

Cette solitude précoce laisse des marques invisibles. Elle transforme la manière dont on aime, dont on se protège, dont on regarde le monde. On grandit, oui. Mais sans racines. Et un arbre sans racines ne tombe pas toujours… il se dessèche lentement.

II. Le chaos émotionnel : douter de soi, douter du monde

Quand on n’a pas eu de repères affectifs, on ne sait plus très bien comment ressentir.
Les émotions deviennent des énigmes. On confond la peur et l’amour, la colère et la tristesse.
On apprend à cacher, à dissimuler, parce qu’exprimer devient un risque.

On se demande souvent :
Est-ce que ce que je ressens est vrai ?
Est-ce que j’ai le droit d’avoir mal ?
Est-ce que je mérite d’être compris ?

Cette confusion émotionnelle crée des murs intérieurs. On devient observateur de sa propre vie, spectateur de ses émotions. On se coupe du monde pour ne plus souffrir, mais ce mur finit par nous étouffer.
Le cœur, lui, bat toujours mais il bat dans le vide.

III. L’effondrement mental : sourire pour survivre

Sur le plan mental, grandir sans repères, c’est vivre avec des fissures qu’on apprend à cacher.
On craque souvent, mais en silence.
On rit fort pour ne pas pleurer.
On parle vite pour ne pas penser.

La fatigue devient permanente. Pas celle du corps, mais celle de l’âme.
Celle qui fait douter de tout, même du lendemain.
On s’accroche à des illusions : un rêve, une relation, une réussite. Mais rien ne comble ce manque d’origine.
C’est une blessure qui ne saigne pas, mais qui vide de l’intérieur.

Et pourtant, dans ce chaos, il reste une force étrange. Celle de continuer, même sans savoir pourquoi. Celle de sourire malgré la tempête. Celle de survivre là où d’autres auraient cessé de lutter.

IV. L’impact sur la société : une génération désorientée

Ce manque de repères personnels finit par se refléter dans la société.
Une société où beaucoup ne savent plus aimer sans craindre, aider sans douter, exister sans se comparer.
On voit des gens marcher vite, parler fort, se montrer heureux — mais à l’intérieur, beaucoup sont perdus.

Quand on n’a pas appris la tendresse, on a du mal à la donner.
Quand on n’a pas reçu l’amour, on le cherche dans des regards qui ne durent pas.
Alors, on s’isole. On s’éloigne. On se construit des carapaces en espérant que quelqu’un verra au-delà.
Mais rarement, on ose dire : je me sens seul.

Ce vide intime devient collectif.
Une société sans repères devient une société blessée, désunie, en quête de sens.
Et cette quête de sens, c’est le cri silencieux de tous ceux qui, un jour, n’ont pas été vus.

V. Exister malgré tout : la renaissance invisible

Grandir sans repères, ce n’est pas une condamnation.
C’est une épreuve qui forge différemment.
C’est apprendre, tardivement, à se donner à soi-même ce qu’on n’a pas reçu.
C’est comprendre que la douceur peut se réinventer, même après le froid.

Exister, ce n’est pas seulement vivre ou survivre.
C’est décider, un jour, de ne plus être invisible.
C’est regarder ses cicatrices et dire : elles ne me définissent pas, elles me racontent.

Parce que oui, les cicatrices sont invisibles, mais elles sont réelles.
Elles témoignent d’une enfance sans repères, d’une lutte silencieuse, d’une survie dans l’ombre.
Mais elles peuvent devenir la preuve qu’on a trouvé, enfin, la force d’exister par soi-même...

Grandir sans repères laisse des cicatrices que personne ne voit, mais que le cœur ressent chaque jour. Ce vide ne disparaît pas facilement, mais il peut devenir une force silencieuse, une lumière fragile qui nous pousse à avancer malgré tout. Ce que nous avons perdu en chemin ne définit pas ce que nous pouvons devenir.

Il est important de se souvenir que nous ne sommes jamais vraiment seuls. Beaucoup portent les mêmes blessures, le même sentiment d’abandon, la même envie d’être enfin vus et compris. Et c’est dans cette reconnaissance partagée que commence la guérison : quand on se regarde les uns les autres, non pas avec jugement, mais avec compassion.

On ne vit pas pour mourir.
On vit pour exister, pour se construire malgré le manque, pour transformer la douleur en sens, le silence en voix.
Exister, c’est refuser de disparaître.
C’est apprendre à dire : j’ai mal, mais je suis encore là.

Et parfois, ce simple fait d’être encore là…

est déjà une victoire..



LUIGIE

vendredi 5 septembre 2025

SIKATRIS

Se pa sa w pote sou po w la,

men sa w pote anndan ki vizib lan

Sikatris se pa sa ou di ki fè m rete fikse,
a se sa ki anpeche m refize a

Sikatris se pa imilyasyon an,
men se sansasyon an

Sikatris se pa sa w ban m lan,
men pito repwòch lan kap sonnen nan mwen tankou yon klòch

Ou ka konprann,
men w pa konprann

Sikatris se pa fason ou gade m ak pitye ak degou,
men se jan lespri m wont li kouri al kache nan twou an

Sikatris se lè m konnen m pap janm anyen
nan je moun m ta sipoze yon pakèt bagay

Sikatris se fason ou lage m,
ou vire do w,
ou ale san w pa di babay

Sikatris se sa ou toujou ban m kè m pa bay

Sikatris se louvri baryè lavi m tankou yon poul kap gaye pay

Sikatris se anvayi m, trayi m, blayi m tankou yon vye bagay

Sikatris se lè padon pa sifi,
koz nèf pap janm tounen sis

Sikatris se bri yon sakrifis,
se imaj yon bagay ki detwi w

Se yon ògàn anplis,
ke w aprann viv avè l…
pou tout lavi...


                       LUIGIE

vendredi 15 août 2025

Imparfait parfait

Le corps humain se compose de la tête, du tronc et des membres

Mais est-ce une raison pour juger ceux qui n’ont pas de membres ?

Ton corps n’a pas à ressembler à l’image qu’on appelle « parfait »
Tu as le droit de l’aimer même si toi, ou d’autres, le jugent imparfait
Oui, tes seins peuvent être longs, c’est ton corps, tu n’as rien demandé
Oui, ils peuvent être petits, ça n’enlève rien à ta séduction ni à tes désirs, ni à ta valeur

Une remarque sur mon physique n’est pas une remarque 
c’est une intrusion, une insulte

Mon visage, mes seins, mes formes
sont uniques, esthétiques, à leur manière
Si tu n’acceptes pas mon corps, ce n’est pas mon problème 
parce que tout dépend de moi

Mes formes me rendent spéciale
C’est parfait, parce que c’est en moi
Ce qui rend imparfait le parfait c’est le plus-que-parfait.

Tu es spéciale
Tu n’as pas besoin de te sentir minuscule face à une Femme
face à un prédateur, ou face à qui que ce soit
La nature a prévu quelqu’un pour aimer ce que tu es

Je n’ai pas à changer pour que tu m’aimes
car mon âme reflète déjà ma beauté.


                                                              LUIGIE

dimanche 6 juillet 2025

JE SUIS UNE ARTISTE

 Je suis une artiste

Pas pour plaire

Pas pour briller

Mais parce que je ressens trop.


Je transforme ce que les autres fuient

Je donne forme à l’absence

je donne voix au silence

Je façonne le chaos intérieur

et je l’offre, nu, brut, fragile.

Je suis une artiste

parce que je ne sais pas mentir avec mon cœur de femme

Parce que chaque émotion me traverse

comme une lumière blessée

et je ne peux pas la taire.


Je suis une artiste

dans mes silences

dans mes doutes

dans mes mots griffonnés à l’aube.


Je suis une artiste

même quand personne ne regarde

même quand tout s’effondre

même quand je doute de l’être


Je suis une artiste

Et cela suffit  car cela m’appartient.

LUIGIE

Quand l’alcool ne suffit plus

On dit qu’un verre détend
Qu’il aide à oublier. Qu’il fait rire plus fort, danser plus libre, parler plus vite
Alors on le tend À tout le monde À chaque fête 
tiens, bois Détends-toi Sois comme nous
Mais personne ne dit que l’alcool, parfois, ne suffit pas
Qu’il gratte au lieu d’apaiser Qu’il ramène au lieu de faire fuir
Qu’il fait parler des émotions mal rangées, au lieu de les faire taire
On ne dit pas qu’il a ce goût de brûlé, de fer, d’amertume
Mais c’est faux
On ne l’aime pas vraiment
Pas le goût, On aime ce qu’il cache
Le masque, le rôle, le faux bien-être
On aime faire semblant d’aller bien avec un verre à la main
Il est devenu contagieux
Comme un langage qu’on n’ose plus contredire
On le sert comme on évite un silence
On le boit comme on étouffe une gêne
On le glorifie, pour mieux cacher qu’en vrai,
on ne sait plus quoi faire de nous-mêmes sans lui
Mais il y a un moment où
l’alcool ne suffit plus.
Où le verre ne remplit rien
Où le rire reste figé
Où les corps dansent, mais les âmes tombent
Et là, on comprend
Que ce n’est pas lâche de dire non
Que ce n’est pas bizarre de ne pas aimer ça
Que ce n’est pas ringard d’être sobre.
C’est peut-être juste, enfin,
avoir le courage d’être soi sans rien déguiser
Mais il y a un moment où
l’alcool ne suffit plus
Où le verre déborde, sans rien remplir
Où les rires sonnent creux
et les regards cherchent un abri
Il y a ce moment silencieux
où tu comprends que ce n’est pas le verre qui manque
mais la paix Pas l’ivresse mais la tendresse
Pas le bruit
mais quelqu’un qui t’écoute, vraiment
Ne pas aimer l’alcool, c’est oser rester vrai
quand tout le monde se cache
Et peut-être que ça fait mal au début
d’être différent, d’être nu sans filtre
Mais au fond
c’est peut-être ça
la plus belle des ivresses 
être toi, sans rien masquer.

 LUIGIE


RIEN DE TROP

Je ne suis pas trop sensible
L’ignorance et le silence, pour moi, ce ne sont pas des réponses
J’ai besoin de comprendre, de ressentir… le pardon, les excuses  et non l’abandon

Je ne suis pas trop bavarde
Je suis expressive
Je veux que mes paroles et mes blessures puissent parler
Je veux décrire la déception de mes attentes.

Je ne suis pas trop vivante
Je veux juste continuer à sentir l’air, le goût de la vie…
Avec toi, ou sans toi.

Je ne suis pas stupide
Je comprends que tu n’es pas prêt à m’aimer, pas prêt a m'accepter
Pas prêt à recevoir un amour aussi grand, aussi pur.

Je ne suis pas trop rapide
Un regard peut suffire à me faire aimer à la folie
À vouloir passer ma vie à admirer ce qui me fascine en toi…
Même si je dois finir par être déçue.

Je ne suis pas blessante

Mais j’ai des blessures…
Et parfois, elles blessent, sans que je le veuille
Je ne suis rien "de trop"
C’est juste que toi, tu ne veux pas comprendre.

LUIGIE

L'Écho du silence

Le silence résonne, lourd et froid
comme un murmure que l’on n’attendait pas
Il remplit l’espace entre mes mots
et laisse mon cœur seul face à son écho
J’appelle sans retour
je tends la main vers un vide infini
où l’absence répond par un souffle glacé
un souffle qui efface peu à peu mes espoirs
Chaque silence est une blessure
un voile sombre qui recouvre mes nuits
Il pèse sur mes pensées
me serre la gorge sans un cri
Je cherche une voix, un signe
un regard qui voudrait encore me comprendre
mais il n’y a que le silence
cet écho cruel et implacable
Pourtant, au fond de cette solitude
j’apprends à écouter une autre voix
celle de mon propre souffle
fragile, mais fidèle
Le silence ne sera plus mon ennemi
mais un compagnon qui m’enseigne la force
celle d’aimer sans retour
celle de se relever, malgré tout
Car même au cœur du vide
mon âme cherche la lumière
et fait naître, dans l’ombre
un espoir fragile et éternel.


                                 LUIGIE

L’humain n’est pas loyal

L’humain est-il vraiment loyal ? Comment un être qui traverse une aventure qu’il ignore, qui ne choisit pas ses passions, ses amours, ses d...